Spondylarthrite ankylosante : la piste bactérienne

Je veux partager ici quelques cas vécus et des éléments de réponses à investiguer au cas par cas pour les personnes souffrantes.  Il y a de l’espoir et il ne faut pas hésiter à demander l’aide d’une personne compétente en la matière.  Cependant, il faut de la persévérance et la volonté ferme de changer pour être enfin soulager des douleurs quotidiennes.

En tant que biochimiste nutrithérapeute, j’ai pu assister un client de 55 ans souffrant de la spondylarthrite ankylosante (Maladie de Bechterew) qui ne connaît plus de souffrance et a même « oublié sa maladie » depuis plus de 4 ans malgré les incartades alimentaires. J’ai pu observer depuis 2013 que si la diète Seignalet est un très bon début pour diminuer l’inflammation chronique et la porosité intestinale, il est également important de moduler le microbiote intestinal problématique.

Spondylarthrite ankylosante (Bechterew) – cas vécu

Je résume le cas d’un client suisse qui souffrait de spondylarthrite ankylosante (Bechterew) depuis plus de 30 ans et qui a également de multiples amalgames gris (mercure).  Anamnèse a montré qu’il souffrait également de dysbiose de longue date conjuguée à des reflux gastriques (liée à l’hypochlorhydrie) avec une épisode critique de troubles alimentaires et digestifs dans son enfance exigeant des hospitalisations de plusieurs jours sans qu’aucun « coupable » ne soit identifié à l’époque.  La maladie de Bechterew ne fut diagnostiquée officiellement (Test  + HLAB27) qu’au début des années ’80s lors de fortes crises déclenchées lors de son service militaire obligatoire (expositions aux intempéries et alimentation de cantine militaire !).

Par la suite, il adopta une meilleure alimentation en suivant les recommandations du Dre Kousmine (Suisse).  Le pain complet et bio (fait maison avec farine de blé ou de seigle sur meule de pierre et levain naturel) était la « base de son alimentation » avec la crème Budwig au petit-déjeuner.  Cependant, il était grand amateur de fromages et viandes (rouges, séchées, saucissons,… étant de culture helvétique !).  Les légumes étaient présents en petites quantités et souvent cuits (soupes, purées,..).  Il contrôlait ses douleurs inflammatoires en prenant des médicaments anti-douleur et anti-inflammatoires de plus en plus forts avec des doses croissantes au fil des années.  Malgré cela, il souffrait 2 à 3 grosses crises de douleurs invalidantes chaque année sans comprendre ce qui avait pu les déclencher…

Ce client a été soulagé de ses crises douloureuses par une stratégie combinée décrite plus bas.  Maintenant âgé de 59 ans ET malgré ses amalgames gris en bouche,  il en oublie même son « Bechterew » n’ayant plus eu de crise depuis 4 ans.  Il a tout au plus quelques sensibilités à la crête iliaque en cas de surconsommation « d’interdits ».  Le tout revient vite au bien-être maintenant devenu « NORMAL »  (en 2 jours la plupart du temps) en revenant à des pratiques saines telles que recommandées.

Pourquoi des jumeaux identiquent ne souffrent pas de la même manière

Il y a notre patrimoine génétique et la manière dont il est influencé par les facteurs environnementaux, les facteurs épigénétiques. On sait maintenant qu’il existe un lien entre la Spondylarthrite, le gène HLAB27 et la présence dans l’intestin de la bactérie « Klebsiella Pneumoniae »… Il est donc important de travailler sur la dysbiose tout en modifiant les apports alimentaires pour favoriser un microbiote sain.

Deux Klebsiella pneumoniae (bacilles) aux prises avec un leucocyte humain (neutrophile)Crédit photo: David Dorward; Ph.D.; National Institute of Allergy and Infectious Diseases (http://phil.cdc.gov/phil/details.asp) [Public domain], via Wikimedia Commons

Le Professeur Alan Ebringer a étudié au travers de travaux sérologiques, microbiologiques et immunologiques le lien qui existe entre la Spondylarthrite, le gène HLAB27 et la présence dans l’intestin de la bactérie « Klebsiella Pneumoniae »…

De plus, une alimentation faible en amidon peut être favorable pour réduire le nombre de bactéries indésirables du microbiote intestinal qui ainsi n’ont plus accès à leur source d’énergie principale, les sucres simples étant absorbés dans le haut de l’intestin grêle plutôt qu’au niveau du côlon plus riche en bactéries selon un billet de juillet 2016 de Chris Kresser, expert en alimentation PALÉO.

Extrait:

…  microbiome analyses identified greater abundance of a gram-negative bacterium called Klebsiella in stool samples of patients with AS (17). Fitting with their hypothesis of bacterial influx into the bloodstream, researchers found that these patients also had elevated levels of anti-Klebsiella antibodies in the blood (18).

Biochemical studies of Klebsiella have shown that this bacterium does not grow on cellulose derived from plants but can grow readily on more simple sugars (23). Most simple sugars like glucose are absorbed in the proximal small intestine and therefore do not travel as far as the large intestine, where the majority of microbes are located. Simple sugars from the diet are therefore unavailable to Klebsiella.

Starch, however, is not as easily digested or absorbed, and some of it remains intact when foodstuffs finally reach the colon. Klebsiella have been shown to manufacture pullulanase, a starch-debranching enzyme, that enables them to break down starch into simple sugars for energy and growth (24).

Plus récemment, des chercheurs australiens ont mis en évidence des sucres fermentescibles (FODMAPs) qui, en en cas de surabondance alimentaire,  peuvent conduire à une trop grande prolifération microbienne dans le tube digestif à l’origine de souffrance digestive (syndrome du côlon irritable, ballonnements résultant fermentations microbiennes avec production de gaz évacués par la bouche ou l’anus).  Une alimentation ciblée visant à éviter de tels excès en FODMAP peut probablement contribuer à réduire les effets négatifs de dysbioses observées chez plusieurs personnes souffrant de maladies inflammatoires chroniques.

Métaux lourds

Le témoignage de Josée Fleurent, Abitibi -Québec (consultable en détails ICI), appuie également mon postulat selon lequel une alimentation faible en hydrates de carbone serait favorable à la rémission de la spondylarthrite ankylosante (maladie de Bechterew) probablement en aidant à rétablir un microbiote sain et équilibré.

Extrait:

Spondylarthrite ankylosante depuis 2008 et le régime hypotoxique n’a pas fonctionné pour moi, je l’ai fait pendant 3 ans… Ça fait maintenant 2 ans que je suis une alimentation paléo avec en plus, plusieurs restrictions avec le régime autoimmune protocol (AIP)  et ça va mieux, mais pas encore à 100%. Je ne prends plus de médicament depuis janvier dernier, mais j’ai toujours des douleurs encore, mais moins intenses.

Les contaminants tels que le mercure sont toxiques pour les être vivants : humains ou microbiens.  Il est donc logique de penser que ces contaminants puissent altérer la composition de notre microbiote intestinal avec de multiples conséquences , souvent très importantes, sur notre bien-être.

Selon les dernières découvertes scientifiques, on peut penser que les métaux lourds agiraient comme perturbateurs du microbiote favorisant les dysbioses ainsi qu’en tant que « facteurs épigénétiques » modulant l’expression de gènes humains… et microbiens … transmissibles sur 2 ou 3 générations…

Effets des métaux lourds toxiques

Par ailleurs en Suisse, Francine Lehner (née en 1956) est très active pour sensibiliser le public à ce sujet.  Elle a elle-même souffert énormément d’une forte intoxication aux métaux lourds (suite à un grave accident et traitement au Merfen Orange en 1974) depuis son adolescence.  Cette étape a marqué sa vie à tout jamais.  Plus tard, elle a pu identifier la source de ses maux divers (baisse d’immunité, douleurs, insomnies, …).  C’était en 1999 soit 25 ans plus tard seulement. Par la suite, elle a réussi à se désintoxiquer ses enfants aussi très affectés entre-autres par un trouble du déficit de l’attention (contamination transmise à son insu par elle pendant la grossesse et l’allaitement – nés entre 1987 et 1992).

Sur son site, on peut lire « Francine Lehner, pionnière en Suisse depuis 1999 dans la recherche sur les métaux lourds, a publié son livre « Maladies liées aux métaux lourds » en 2001″

Une autre ambassadrice de l’effet des métaux lourds sur les maladies et maux chroniques, Mme Françoise Cambayrac, rapporte sur son site web plusieurs témoignages très intéressants de personnes ayant recouvrer la santé après avoir éliminer une source importante d’intoxication au mercure : leurs amalgames dentaires gris.

Espoir, piste de soulagement et recommandations:

J’ai observé de bons résultats en travaillant à la fois sur l’alimentation et la dysbiose intestinale. Une faible acidité gastrique favorise souvent une dysbiose intestinale ayant de multiples effets négatifs (reflux gastriques, hyperperméabilité intestinale, inflammation chronique).

On peut réduire la consommation d’amidon et donc de modifier les proportions glucides / lipides de l’apport quotidien en plus des probiotiques variés (légumes fermentés, kéfir,…) pour espérer améliorer la composition du microbiote durablement et éliminer la source responsable de la stimulation de la réponse immunitaire anti-HLA… Plus spécifiquement, l’amidon serait un substrat très apprécié par la bactérie Klebsiella pneumonia présentant des antigènes homologues à HLA-B27 favorisant la maladie auto-immunitaire. .. Réf. 2015 ICI  et 2016 ICI

De plus, aussi surprenant que cela puisse paraître, on a les idées plus claires et plein d’énergie même avec très peu d’apport en glucides… Il est même plus facile de jeûner ! L’appétit est mieux régulé. Les « bons » lipides apportent énergie et satiété tout en réduisant l’inflammation alors que les glucides en trop (comme actuellement dans l’alimentation occidentale) entretiennent l’état d’inflammation chronique. Le microbiote, comme nous-mêmes, se nourrit de ce que nous ingérons et métabolisons. Il y a des échanges très étroits entre les organismes vivants « sous un même toit ». Le génome est semblable en grande partie. Les facteurs influençant l’expression de ces gènes sont très variés (facteurs épigénétiques). Pour corriger une flore intestinale problématique, il faut en plus apporter « les bonnes bactéries » qui combattront naturellement « les mauvaises ». C’est ce qui arrive lorsque nous consommons des produits fermentés et non-pasteurisés riches en centaines de types de bactéries différentes. Des résultats positifs sur la santé peuvent être observés rapidement (moins de douleurs, idées plus claires, …) dès qu’on change la composition de nos assiettes. Cependant, il faudra du temps si on considère que notre appendice constitue une réserve du « microbiote actuel » et devra se renouveler avant que des effets durables puissent être obtenus.

Dans les grandes lignes, je recommande une diète de type hypotoxique à la base (cuisson à basse température – moins de 110 oC; sans gluten; moins de viandes rouges et de fromages; pas ou peu de charcuteries) tout en réduisant les sucres fermentescibles (FODMAPs, hydrates de carbones, amidon, farineux) et en augmentant la part de légumes CRUS très variés et composant 30-50% du repas (salades de 7-10 légumes mixtes râpés riches en crucifères – chou, brocoli, chou-fleur… et alliacés – oignon, poireau, ciboulette, échalote, ail,… et avec vinaigre de pommes – pour augmenter son acidité gastrique et empêcher les reflux gastriques… ajout de légumineuses germés, légumes lacto-fermentés (et apports pauvres en courgettes, aubergines, poivrons, piments et tomates dans les cas de neuropathies).

Il suffit de me contacter pour discuter plus en détails afin d’établir une stratégie d’introduction des changements à apporter au cas par cas, une stratégie personalisée et adaptée à chacun.e.

 

 

 

 

 

 

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A propos Nutri Soins Santé

Biochimiste-Nutrithérapeute qui, suite à plus de 30 ans d'expérience en recherche, développement et production biotechnologique et biopharmaceutique . Maintenant convaincue qu'on peut et qu'on doit prendre sa santé en mains par nos choix quotidiens (mode de vie, alimentation) j'offre un service de consultation privée. Je suis déterminée à aider les gens qui n'ont pas le temps ou les connaissances pour prendre des décisions éclairées par une meilleure compréhension des phénomènes impliqués dans les multiples réactions et interactions que notre corps vit quotidiennement. On peut éviter de compter quasi exclusivement sur les médicaments de l'industrie pharmaceutique pour faire face à la plupart des maux qui nous affectent au cours de notre vie. Ainsi la population pourra vieillir encore longtemps, autonome CAR en bonne santé. Tout ceci sans "vivre au-dessus de ses moyens financiers" et ne plus dépendre des Caisse d'Assurance Maladie lié à un système de santé débordé et de plus en plus inefficace (délai d'attente de plusieurs mois, traitements plus ou moins efficace avec des effets secondaires non négligeable et bien trop onéreux et inabordable pour la majorité de la population mondiale).
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